Nice et région niçoise: Quelle Métropole ?

Le concept de métropoles, comme celui de communautés de communes ou de
communautés urbaines est copié, comme beaucoup de choses sur l’exemple
allemand. L’Allemagne compte 11 ou 12000 « communes » contre 36000 en
France. La rationalisation des budgets y semblerait plus effective.
Sauf que c’est une erreur.
Bien que plus peuplée, l’Allemagne est un quart moins étendue que la
France et beaucoup moins accidentée. Comparée à la France, l’Allemagne est
une plaine. D’autre part, la distance moyenne entre agglomérations y est
de 3000 mètres. Simple : c’est la « distance d’optimisation » des chers de
l’OTAN, où l’on sait de quoi il retourne.
Ces faibles distances, l’absence ou presque de reliefs accidentés comme
les Alpes ou les Pyrénées, jointes à la multiplicité des villages,
facilite énormément les actions intercommunales.
En matière d’organisation de l’espace, la France et l’Allemagne ne sont
pas comparables.
Mais, soit, admettons l’idée de métropole. Mais dites-moi, une Métropole
pour quoi faire ?
Bonne question.
Si c’est pour « améliorer les finances publiques », laissez-moi rigoler.
Les petits jeux de passe-passe entre un Etat surendetté et dispendieux à
l’excès et les communes, depuis la Loi de Décentralisation un coup je te
transfère des compétences, un coup je « retiens » les crédits y alloués,
font que les communes sont pour la plupart endettées jusqu’au cou.
Rassembler des débiteurs n’en fait pas des créditeurs. Ou, si vous
préférez, unir les dettes ne procure pas des gains.
Quant aux mirifiques subventions miroitant à l’horizon…. L’illustrissime
Jacques Peyrat avançait du temps de son règne des dotations de 140 Euros
par habitant pour la CUNCA, qui se matérialisèrent en… 80 Euros. Il avait
vu large, le sous-lieut’.
Exit la manne, en tout cas pas celle espérée. Alors ?
« Rationaliser la gestion » ? C’est-à-dire réunir les divers services
municipaux ? Vous rêvez ou quoi ? Déjà la « fusion » ANPE-ASSEDIC a
flanqué un foutoir noir. Alors réunir des services municipaux qui, pour
beaucoup, ont développé des systèmes propres, adaptés aux problèmes
locaux…. Réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux ? La loi ne le
permet pas, sauf en cas de non-remplacement des départs en retraite. Allez
dans les Mairies, et comptez les cacochymes…. Vue de l’esprit.
D’autant que les problèmes sont locaux, donc spécifiques, et ne peuvent
être traités à distance. Rien ne remplace les gens sur le terrain ; et
même dans ce cas, une administration centralisée sera-t-elle à même de
traiter ces problèmes en temps ? Rien n’est moins sûr.
Enfin, la manie jacobine centralisatrice des Français (le modèle
Républicain si fort prisé) crée inévitablement un mouvement centripète :
tout vers le centre de décision. Pas LES centres, LE centre. D’où oukazes
et diktats. Je nous souhaite bien du plaisir.
Critiquer n’est pas construire. Et la politique, c’est la passion de
construire. De construire une SOCIETE, et donc les infrastructures qui la
sous-tendent. Quel est le problème N°1 de ce département ? Oui, tant qu’à
parler de Métropole, autant envisager son environnement immédiat ; Nice
n’est pas une île au large de la Côte d’Azur n’est-ce pas ? Car ne nous y
trompons pas, cette Métropole sera le Grand Nice dont rêvait Jacques
Médecin.
Donc le problème N°1, celui qui entrave un développement tolérable, c’est
celui du déplacement.
Attention ! Je n’ai pas dit « transport ». On « transporte » des
marchandises ou du bétail. Jusqu’à plus ample informé, les citoyens ne
sont ni des marchandises ni du bétail.
Se déplacer, c’est essentiellement aller à son travail et en revenir. Le
déplacement des personnes vers le lieu de travail et le retour vers leur
domicile handicape gravement le transport (des marchandises, eh ! patate
!). Le transport est économique, le déplacement est sociétal. Or la
mission d’une commune est avant tout sociétale : faciliter la vie des
gens.
Les azuréens dépensent chaque année des millions d’Euros en déplacement
automobile maison-travail, s’usent les nerfs (et usent leurs véhicules) en
embouteillages et en recherche d’emplacements pour se garer.
Essence+entretien+péages+P.V. de toutes natures (vitesse, feus rouges,
parcmètres, etc…) : QUI a calculé les économies privées que cela
représente ?
Sans compter le frein au Tourisme, grand atout économique : les
embouteillages n’encouragent pas un retour. Quant aux « transports en
commun »…. Ils ne transportent pas de joie, c’est le moins qu’on puisse
dire. Retards ou annulations de trains, trajets interminables en bus… un
aéroport international TRES MAL relié. Bref, copie à revoir.
Bref, l’objectif est : l’AISANCE D’USAGE, barbarisme, mais je n’ai pas
trouvé mieux. Le fait, simple, d’aller au travail, et d’en revenir sans
trop se casser la tête. Le fait, simple, d’aller prendre le bateau ou
l’avion, sans prévoir des marges se comptant en heures. Le fait, simple,
pour un touriste de se balader sur la Côte d’Azur sans se croire à Harlem.
Depuis un siècle et plus, les grandes Métropoles : Paris, Londres, New
York, Moscou, etc… se sont dotées d’un moyen de déplacement simple et
fiable : le Métro. Avec le métro, peu de soucis : les rames se succèdent
régulièrement à cadence rapide ; seuls les excités s’énervent ; les autres
peuvent penser à autre chose. C’est important, le calme intérieur.
Bon, Paris, Londres, Moscou, et même New York sont des sites à peu près
plats, avec des sous-sols éprouvés ; le métro y est facile à réaliser.
Nice et la Côte d’Azur, c’est le tram.
Le tram est à l’heure actuelle le seul moyen technique permettant des
déplacements aisés : régularité et fréquence. Quelles que soient les
objections (fondées) c’est la seule solution rationnelle aux problèmes de
déplacement des citoyens de ce département.
Pour cela, il faut un « maillage » étudié en concertation qui permette de
desservir un maximum de surfaces avec un minimum de moyens. Pas simple ?
Mais dites-moi POUR QUOI ON VOUS PAIE ? Coupler tram et bus, tram et SNCF,
tram et Train des Pignes, tram et Train des Merveilles, voilà l’objectif.
Le tram permet de « libérer » les voies de chemin de fer des trafics
locaux, de désengorger les lignes de bus, de réduire dans des proportions
considérables la circulation automobile des azuréens. Et donc d’accentuer
les « transports » de marchandises et même de promouvoir le ferroutage.
Gains sur toute la ligne, y compris dans les portefeuilles des citoyens :
les « impôts augmentés » seront largement compensés par la réduction des
frais liés à l’automobile.
Et, en parlant de « ligne », la second principale entrave au développement
économique des A.M. est son « enclavement », sa sujétion aux réseaux
ferroviaire et autoroutier Est-Ouest : Nice est en définitive « vassale »
de Marseille et de Gênes. Une stratégie pensée serait de relier
directement Nice à sa « grande sœur » historique : Turin, qui est NOTRE
porte vers l’Europe Centrale et au-delà du Nord et de l’Est. Pourquoi ne
pas envisager une ligne de chemin de fer partant de l’aéroport, empruntant
le lit du Var, passant SOUS le Mercantour et aboutissant à Turin ?
Le « poumon économique » de la Côte d’Azur n’est pas la Vallée du Rhône,
mais bien la Vallée du Pô.

Jean Huck

A retrouver sur son blog

http://democratemanontroppo.centerblog.net/

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